Le tableau à retenir
| Situation | Abattement | Plafond revenus 2025 | Plafond revenus 2026 |
|---|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € | 15 000 € |
| Meublé de tourisme classé | 50 % | 77 700 € | 83 600 € |
Les plafonds s’entendent en recettes annuelles. Au-delà, le régime micro-BIC ne s’applique plus : vous relevez d’un régime réel.
Ce qui a changé, et quand
Deux textes se sont succédé : la loi de finances pour 2024, puis la loi du 19 novembre 2024. L’objectif affiché était de réduire l’avantage accordé aux meublés de tourisme, voire d’aligner leur régime sur celui des locations nues, afin de ne plus inciter fiscalement à un type de location déjà très avantageux.
Entre les revenus perçus en 2023 et ceux perçus en 2025 :
- Non classé : abattement de 50 % → 30 %, plafond de 77 700 € → 15 000 €. Le régime est désormais aligné sur le micro-foncier de la location nue.
- Classé : abattement de 71 % → 50 %, plafond de 188 700 € → 77 700 €. Un avantage subsiste, mais nettement réduit.
Pour les revenus perçus en 2026 — déclarés en 2027 —, le plafond des meublés classés est porté à 83 600 €. Celui des non classés reste à 15 000 €.
Le calcul, concrètement
Prenons 20 000 € de recettes annuelles. En non classé, vous dépassez le plafond de 15 000 € : le micro-BIC ne s’applique plus, vous basculez au régime réel — ce qui n’est pas nécessairement défavorable, mais suppose une comptabilité.
En classé, vous restez sous le plafond : l’abattement de 50 % ramène la base imposable à 10 000 €. La différence de traitement entre deux logements identiques, dont l’un est classé et l’autre non, est devenue considérable.
Le classement : une démarche volontaire qui change tout
Le classement en meublé de tourisme n’est obligatoire pour personne. Il répond à un référentiel de qualité et est prononcé pour une durée déterminée, à l’issue d’une visite de contrôle. Son principal effet pour l’hôte est fiscal : c’est lui, et lui seul, qui ouvre l’abattement de 50 % et le plafond relevé.
Avant de vous lancer, gardez en tête que le classement n’a aucun effet sur les autres obligations : il ne dispense ni de l’enregistrement, ni de l’autorisation de changement d’usage, ni de la taxe de séjour, à laquelle les meublés sont soumis qu’ils soient classés ou non.
N’oubliez pas les cotisations sociales
La fiscalité n’est qu’une moitié du sujet. Tant que vos recettes annuelles de location de courte durée ne dépassent pas 23 000 €, les revenus relèvent de la gestion de votre patrimoine privé : vous ne payez pas de cotisations sociales, seulement des prélèvements sociaux, et vous déclarez vos recettes à l’administration fiscale.
Au-delà de 23 000 €, l’affiliation et le paiement de cotisations sociales deviennent obligatoires. Le régime applicable — micro-entrepreneur ou travailleur indépendant — dépend du montant des recettes, du type de location et de la part de ces revenus dans ceux du foyer. C’est le moment de vous rapprocher de l’Urssaf ou d’un comptable : ces arbitrages dépassent ce qu’un outil d’information peut trancher pour vous.
Et le SIRET ?
Louer un meublé de tourisme est une activité à déclarer, professionnel ou non. La déclaration de début d’activité se fait par voie dématérialisée sur le guichet unique des formalités des entreprises, dans les quinze jours suivant le début de l’activité. Les numéros SIREN et SIRET vous sont communiqués à l’issue. Un parcours pas-à-pas est prévu pour les loueurs en meublé non professionnels.
En résumé
- Non classé : 30 % d’abattement, plafond 15 000 € — le régime le moins favorable.
- Classé : 50 %, plafond 77 700 € (revenus 2025) puis 83 600 € (revenus 2026).
- Seuil de 23 000 € : au-delà, cotisations sociales obligatoires.
- SIRET à demander dans les 15 jours suivant le début d’activité.
Le diagnostic gratuit situe vos recettes par rapport à ces seuils et vous indique les démarches qui vous manquent.